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Conférence - table ronde à Moutier le 20 septembre 2019 « Mon boulot et moi - Et demain ? »

En cette année jubi­laire du PEV qui est éga­le­ment une année élec­to­rale, les sec­tions PEV du Jura, du Jura ber­nois et de la Bienne fran­co­phone ont sou­haité dépas­ser les tumul­tes de l’actualité régio­nale pour se con­cen­trer ensem­ble sur un thème import­ant et ter­ri­ble­ment d’actualité, dont les ten­ants et abou­tis­sants sont sen­si­bles bien au-delà de nos fron­tiè­res can­to­na­les, dans l’ensemble de la Suisse et au-delà : la pré­ca­rité qui enva­hit sous dif­fé­ren­tes for­mes le monde du tra­vail.

A tra­vers un exposé et un débat – table ronde, dont vous trou­ve­rez les détails sur le flyer en annexe, dif­fér­ents aspects seront abor­dés qui sont d’ailleurs autant de thè­mes cen­traux pour le PEV :
 

1. Chan­ge­ment de modèle du monde du tra­vail

Le pay­sage de l’Arc Juras­sien, même s’il est carac­té­risé par un sec­teur secon­daire prédo­mi­nant avec de nom­breu­ses PME, beau­coup d’indépendants et peu de gran­des socié­tés, est lui aussi con­quis par les nou­vel­les tech­no­lo­gies numé­ri­ques.

Cela s’accompagne de trans­for­ma­ti­ons signi­fi­ca­ti­ves du modèle des rela­ti­ons pro­fes­si­onnel­les. On n’est plus au ser­vice d’une même société pen­dant 10 ou 40 ans à plein temps. On n’est plus engagé que pour des tâches extrê­me­ment poin­tues, pour des pério­des cour­tes et rare­ment à plein temps. Con­sé­quence de cela, on doit (ou peut) exer­cer plu­sieurs activi­tés, par­fois très dif­fé­ren­tes, en par­al­lèle.

D’autre part, le modèle « salarié-employeur » tend à dis­pa­raître suite à l’introduction des tech­no­lo­gies numé­ri­ques. Des pla­te­for­mes infor­ma­ti­ques d’offre et de demande de mar­chan­di­ses et de ser­vices appa­rais­sent sur une base « don­neur d’ordre – pre­sta­ta­ire indé­pen­dant ». Elles per­met­tent une réduc­tion des coûts de revi­ent nota­m­ment grâce à une mutua­li­sa­tion des frais de ges­tion admi­nis­tra­tive.

Tou­te­fois des pro­blè­mes se font éga­le­ment jour. Il se crée une dis­pa­rité de trai­te­ment social et fis­cal entre sala­riés et indé­pen­dants. Les uns et les autres doiv­ent sup­por­ter des char­ges dif­fé­ren­tes mais sont aussi sou­mis à des dif­fé­ren­ces de pro­tec­tion sociale. De plus, le sys­tème a perdu sa sta­bi­lité et peut s’écrouler en une nuit, sans aucune com­pen­sa­tion pour les pre­sta­ta­ires indé­pen­dants.
 

2. Ethi­que dans le monde du tra­vail

Les employ­eurs, d’un côté, et les don­neurs d’ordre, d’un autre côté, font sou­vent pres­sion, essen­ti­el­le­ment au niveau des rémuné­ra­ti­ons et des délais,  sur leur per­son­nel, pour les uns, et sur leurs pre­sta­ta­ires indé­pen­dants, pour les autres.

De la sorte, les pro­fits ne sont pas équi­ta­ble­ment répar­tis sur toute la chaîne de créa­tion de la val­eur.

 

3. Exploi­ta­tion dans le monde du tra­vail

Les pres­si­ons exer­cées par les employ­eurs, d’un côté, et par les don­neurs d’ordre, d’un autre côté, dépas­sent par­fois les limi­tes du tolé­ra­ble.

Employés et pre­sta­ta­ires sont trop sou­vent pieds et poings liés à leur merci.

 

4. Exclu­sion dans le monde du tra­vail

Les per­son­nes insuf­fi­sam­ment ou mal for­mées font de moins en moins l’objet de sou­tien et se retrou­vent rapi­de­ment au chô­mage ou à l’aide sociale. Cela est par­ti­cu­liè­re­ment le cas pour ceux qui n’ont pas pro­fité d’une for­ma­tion con­ti­nue voire d’une recon­ver­sion prenant en compte les nou­vel­les tech­no­lo­gies.

Le défi est par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­cile à rele­ver pour les aînés qui se retrou­vent vite « au bord de la route », ou pour les mères de famille qui retour­nent sur le mar­ché de l'emploi après une pause édu­ca­tive.

Notre sou­hait est de con­sci­en­ti­ser la popu­la­tion et les respons­ables poli­ti­ques sur la réa­lité, bien actu­elle, de ce phé­nomène, de bri­ser la peur qu’il peut engend­rer tout en recher­chant et pro­po­sant des solu­ti­ons con­ci­li­ant les besoins et pro­blé­ma­ti­ques des entre­pri­ses avec les atten­tes des employés ou des pre­sta­ta­ires.

 

Cette soi­rée, qui se dérou­lera en trois temps, aura lieu le vend­redi 20 sep­tem­bre dès 19h30 à la salle de l’Olivier du Foyer de Mou­tier, à quel­ques pas d’ici.

Dans un pre­mier temps, Gré­go­ire Leclercq, pré­si­dent de l’Observatoire français de l’Uberisation, trai­tera de l’uberisation de la société et des aspects de pré­ca­ri­sa­tion du monde du tra­vail qui l’accompagnent trop sou­vent.

Dans un deu­xième temps, une table ronde ani­mée par Emma­nuel Ziehli, direc­teur de Radio Réveil, per­met­tra à trois acteurs du monde du tra­vail de la région de dis­cu­ter des dif­fér­ents aspects de la pré­ca­ri­sa­tion actu­elle (au sens large) du monde du tra­vail et de répondre aux ques­ti­ons et com­men­taires de l’audience :

  • Pierre Ammann, direc­teur du Centre Social Pro­tes­tant Berne-Jura
  • Mar­tine Gal­laz, direc­trice du Ser­vice Social Régio­nal de Tavan­nes
  • Gér­ard Maret, direc­teur de l’usine LEMO 5 à Delé­mont.

 

Enfin, la soi­rée se ter­mi­nera vers 21h15 par un apé­ri­tif riche de notre ter­roir, au cours duquel les éch­an­ges et les dis­cus­sions pour­ront se pour­suivre de façon infor­melle. 

 

Nous espé­rons que cette soi­rée per­met­tra de faire avan­cer le débat et de lais­ser sur­gir des idées de solu­ti­ons pou­vant être appli­quées très pra­ti­que­ment dans le monde du tra­vail de notre région, voire de notre pays plus glo­ba­le­ment.

 

Cha­cun est bien entendu cor­di­ale­ment invité et l’entrée est com­plè­te­ment libre.